Un feuilleton consacré à la ville des tsars
A l'occasion de la célébration en Russie des 400 ans de la fondation de la dynastie des Romanov, le journal de 13H de France 2, présenté par Elise Lucet, a proposé une semaine de reportages exceptionnels consacrés à Saint-Pétersbourg. Cette mini-série de cinq épisodes, intitulée La ville de tous les tsars, a rendu hommage à la célèbre cité des bords de la Baltique, fondée en 1703 par l'empereur Pierre le Grand, l'un des membres les plus illustres de la dynastie des Romanov.
Le choix de Saint-Pétersbourg par la rédaction de France 2 n'avait rien de surprenant : la ville entretient depuis sa fondation des liens privilégiés avec la France et la culture francophone. Pierre le Grand lui-même s'était inspiré de Versailles pour concevoir sa nouvelle capitale, et la langue française fut longtemps celle de l'aristocratie russe. Aujourd'hui encore, cette proximité culturelle continue de fasciner les téléspectateurs français.
Un pari architectural démesuré
Construite sur un marécage au confluent de la Baltique et du fleuve Neva, la ville est le fruit d'un pari architectural démesuré, à l'initiative de l'empereur qui souhaitait en faire une capitale vitrine de la modernité et du raffinement de son empire, dans un lieu où les éléments n'étaient pas favorables. Des milliers d'ouvriers et de prisonniers ont péri lors de la construction de cette cité bâtie sur des pilotis enfoncés dans les marais, lui valant le surnom de "ville construite sur les ossements".
Entre le froid, la pluie, la neige, les puissants vents du golfe de Finlande qui refluent les eaux de la Neva, et les jours extrêmement courts en hiver, les conditions de vie y sont effectivement particulières. Mais ces contraintes climatiques donnent toute son essence à la plus septentrionale des grandes villes russes, une cité où la lumière rasante d'hiver crée des atmosphères uniques et où les nuits d'été n'en finissent pas de briller.
Le résultat est saisissant : une ville aux perspectives grandioses, traversée par plus de 90 cours d'eau et dotée de quelque 300 ponts, ce qui lui a valu le surnom de "Venise du Nord". L'architecture néoclassique, baroque et Art nouveau se côtoie le long des quais de la Neva et de la perspective Nevski, la grande artère de la ville.
Les personnages du reportage
Dans ce reportage, c'est une jeune Russe francophone prénommée Anastasia qui fait découvrir aux téléspectateurs les richesses architecturales et historiques de la ville, dont l'église Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, cet édifice aux coupoles colorées érigé à l'endroit même où le tsar Alexandre II fut assassiné en 1881.
Outre cette jeune guide, le reportage suit plusieurs personnages attachants : Nicolas, un expatrié français -- ils seraient environ 450 installés dans la ville -- cuisinier de profession, qui témoigne de la vie quotidienne d'un Français à Saint-Pétersbourg ; des danseurs de l'école de ballet, héritiers de la tradition du ballet impérial russe ; et Héléna, une jeune femme engagée dans la préservation du patrimoine architectural face aux promoteurs immobiliers.
Le reportage part aussi à la rencontre des personnages qui ont marqué la ville, comme Raspoutine, le mystérieux moine qui exerça une influence considérable sur la famille impériale, et Dostoïevski, l'un des plus grands écrivains de la littérature mondiale, dont l'équipe de France 2 a pu rencontrer un descendant.
Le feuilleton en bref
La mini-série La ville de tous les tsars a été diffusée dans le journal de 13H de France 2 pendant une semaine entière, offrant chaque jour un nouvel épisode explorant une facette différente de Saint-Pétersbourg : son histoire impériale, son patrimoine architectural, sa vie culturelle, ses habitants et ses défis contemporains.
L'Hermitage : le joyau de la couronne
Parmi les trésors de Saint-Pétersbourg qui fascinent les téléspectateurs français, le musée de l'Hermitage occupe une place à part. Fondé en 1764 par Catherine II la Grande, ce musée est aujourd'hui l'un des plus grands au monde avec près de trois millions de pièces dans ses collections. Installé dans le somptueux Palais d'Hiver, ancienne résidence officielle des tsars, l'Hermitage abrite des chefs-d'oeuvre de Rembrandt, Léonard de Vinci, Raphaël, Matisse et Picasso.
Pour le visiteur français, l'Hermitage est souvent comparé au Louvre, mais l'écrin qui l'abrite -- ces salles dorées, ces escaliers monumentaux, ces plafonds peints -- crée une expérience radicalement différente. Il faudrait, dit-on, plus de onze ans pour admirer chaque oeuvre ne serait-ce que quelques secondes. C'est dire l'immensité de ce temple de l'art universel.
Les canaux et la Venise du Nord
L'un des aspects de Saint-Pétersbourg qui séduit le plus les visiteurs est son réseau de canaux, qui donne à la ville un charme irrésistible. La Moïka, le canal Griboïedov et la Fontanka serpentent entre les palais et les façades pastel, offrant des promenades en bateau inoubliables. En été, lorsque les ponts se lèvent à la nuit tombée pour laisser passer les navires de haute mer, le spectacle des ponts basculants au-dessus de la Neva est devenu l'un des symboles de la ville.
Cette atmosphère aquatique unique, combinée à l'architecture somptueuse des quais, explique pourquoi Saint-Pétersbourg est régulièrement classée parmi les plus belles villes du monde. Les croisières sur les canaux, particulièrement populaires pendant les mois d'été, permettent de découvrir la ville sous un angle privilégié, glissant silencieusement entre les palais baroques et les églises aux coupoles dorées.
Les Nuits blanches : un phénomène fascinant
Chaque année, de fin mai à mi-juillet, Saint-Pétersbourg vit au rythme des célèbres Nuits blanches (Белые ночи), ce phénomène naturel pendant lequel le soleil ne se couche pratiquement pas. La ville, située au 59e parallèle, baigne alors dans une lumière crépusculaire dorée qui efface la frontière entre le jour et la nuit. Ce phénomène unique transforme la cité en un théâtre à ciel ouvert où la vie culturelle atteint son apogée.
Pendant cette période, la ville ne dort littéralement jamais. Les habitants et les touristes déambulent le long de la Neva à trois heures du matin dans une lumière douce et irréelle. Le festival des Nuits blanches, organisé au théâtre Mariinsky, programme des spectacles de ballet, d'opéra et de musique classique qui attirent des mélomanes du monde entier. C'est sans doute le moment le plus magique pour découvrir Saint-Pétersbourg.
L'héritage littéraire : la ville des écrivains
Saint-Pétersbourg est indissociable de la grande littérature russe. C'est ici que Dostoïevski a situé l'action de Crime et Châtiment, que Pouchkine a écrit Le Cavalier de bronze, que Gogol a imaginé ses Nouvelles de Pétersbourg. La ville elle-même est un personnage récurrent de la littérature russe, avec ses brumes, ses nuits blanches et ses atmosphères tourmentées.
Pour les lecteurs français, qui ont souvent découvert la Russie à travers les romans de Dostoïevski ou de Tolstoï, visiter Saint-Pétersbourg revient à marcher dans les pas de leurs personnages préférés. On peut encore visiter l'appartement de Dostoïevski, devenu musée, ou se recueillir devant la tombe de Pouchkine. Cette dimension littéraire ajoute une profondeur émotionnelle considérable à toute visite de la ville.
Le théâtre Mariinsky : temple de la danse et de l'opéra
Le théâtre Mariinsky (Мариинский театр), fondé en 1783, est l'une des scènes les plus prestigieuses au monde pour le ballet et l'opéra. C'est ici que furent créées des oeuvres immortelles de Tchaïkovski comme Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant et Casse-Noisette. Le corps de ballet du Mariinsky, héritier de la tradition impériale, est considéré comme l'un des meilleurs au monde.
Pour les amateurs de culture, assister à un spectacle au Mariinsky constitue souvent le point culminant d'un voyage à Saint-Pétersbourg. L'intérieur du théâtre, avec ses dorures, ses velours bleus et son lustre monumental, transporte le spectateur dans l'atmosphère de la Russie impériale. Des légendes de la danse comme Anna Pavlova, Vaslav Nijinski et Rudolf Noureev ont foulé les planches de cette scène mythique.
Pourquoi Saint-Pétersbourg fascine les Français
- Liens historiques -- La ville fut conçue avec une forte influence française, et le français était la langue de la cour impériale russe.
- L'Hermitage -- L'un des plus grands musées du monde, rival du Louvre par la richesse de ses collections.
- Les Nuits blanches -- Un phénomène naturel unique qui transforme la ville en un spectacle permanent de juin à juillet.
- Le patrimoine littéraire -- Dostoïevski, Pouchkine, Gogol : les plus grands auteurs russes ont vécu et écrit ici.
- Le Mariinsky -- L'un des temples mondiaux du ballet et de l'opéra, berceau de chefs-d'oeuvre de Tchaïkovski.
- L'architecture -- Plus de 8 000 bâtiments classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Un attrait touristique qui ne faiblit pas
A n'en pas douter, ce reportage de France 2 a contribué à renforcer l'attrait de Saint-Pétersbourg auprès des voyageurs français. La ville demeure l'une des plus belles au monde, une destination qui allie grandeur architecturale, richesse culturelle et atmosphère romantique. Que l'on soit passionné d'histoire, amateur d'art, mélomane ou simple curieux, Saint-Pétersbourg offre une expérience de voyage incomparable.
Pour ceux qui souhaitent approfondir leur découverte de cette ville exceptionnelle, nous vous invitons à consulter notre présentation complète de Saint-Pétersbourg ainsi que notre guide du musée de l'Hermitage, le joyau culturel de la cité des tsars.
Vocabulaire russe pour votre visite
Questions fréquentes
La période idéale se situe entre fin mai et mi-juillet, pendant les Nuits blanches, lorsque la ville baigne dans une lumière perpétuelle. L'hiver (décembre-février) offre une atmosphère différente mais magique, avec la neige sur les palais et les marchés de Noël traditionnels.
Un minimum de 4 à 5 jours est recommandé pour découvrir les principaux sites : l'Hermitage (une journée entière), la forteresse Pierre-et-Paul, la cathédrale Saint-Isaac, le palais de Peterhof et les canaux. Une semaine permet une exploration plus approfondie.
Le feuilleton La ville de tous les tsars a été diffusé en février 2013 dans le journal de 13H de France 2. Des extraits peuvent être disponibles sur les plateformes de replay de France Télévisions ou sur leurs archives en ligne.