Politique
Le 4 mars 2012, Vladimir Poutine remportait l'élection présidentielle russe avec près de 64 % des voix, un score encore plus imposant que ce que les sondages prévoyaient. Après avoir occupé le poste de premier ministre sous la présidence de Dmitri Medvedev depuis 2008, l'ancien officier du KGB retrouvait le Kremlin pour un mandat cette fois-ci de six ans, contre quatre précédemment.
Guennadi Ziouganov, candidat du Parti communiste (KPRF), terminait deuxième avec environ 17,2 % des suffrages. Le populiste Vladimir Jirinovski obtenait 8 %, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov 7,5 % et le centriste Sergueï Mironov 3,67 %. Ziouganov et Jirinovski avaient vivement contesté les résultats, dénonçant de nombreuses irrégularités dans les bureaux de vote à travers le pays.
Guennadi Ziouganov : portrait d'un leader politique
Guennadi Ziouganov — Геннадий Андреевич Зюганов
Les débuts et la formation
Guennadi Andreïevitch Ziouganov (Геннадий Андреевич Зюганов) est né le 26 juin 1944 à Mymrino, dans l'oblast d'Orel, au cœur de la Russie centrale. Issu d'une famille d'enseignants, il a grandi dans un environnement imprégné de valeurs soviétiques. Après des études de mathématiques et de physique à l'Institut pédagogique d'Orel, il a embrassé très tôt une carrière politique au sein du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), gravissant progressivement les échelons du système soviétique.
La refondation du communisme russe
Après la dissolution de l'URSS en 1991 et l'interdiction temporaire du Parti communiste par Boris Eltsine, Ziouganov a joué un rôle central dans la refondation du mouvement communiste en Russie. En 1993, il devient le premier secrétaire du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF — Коммунистическая партия Российской Федерации), un poste qu'il occupe toujours en 2026. Sous sa direction, le KPRF s'est imposé comme le principal parti d'opposition à la Douma d'État, la chambre basse du parlement russe.
Les élections présidentielles
L'élection de 1996 reste le moment le plus marquant de la carrière politique de Ziouganov. Face à un Boris Eltsine affaibli et impopulaire, il a obtenu plus de 40 % des voix au second tour, le résultat le plus proche qu'un candidat d'opposition ait jamais atteint face au pouvoir en place. De nombreux analystes estiment que cette élection a été entachée d'irrégularités et d'une utilisation massive des ressources médiatiques et financières en faveur d'Eltsine.
Ziouganov s'est de nouveau présenté en 2000, 2008 et 2012. Lors de l'élection de 2012, il a terminé en deuxième position avec 17,2 % des voix, loin derrière Vladimir Poutine. Malgré ces défaites successives, il est resté une figure incontournable du paysage politique russe, incarnant la continuité de l'opposition communiste dans la Russie post-soviétique.
Le KPRF en 2026 : héritage et influence
Le Parti communiste russe demeure la deuxième force politique du pays en termes de représentation parlementaire. Le KPRF défend des positions combinant socialisme économique, patriotisme russe et nostalgie soviétique. Le parti s'oppose régulièrement aux réformes libérales et prône un rôle accru de l'État dans l'économie. Malgré l'âge avancé de son leader (81 ans en 2026), le parti continue de mobiliser un électorat fidèle, particulièrement parmi les générations ayant connu l'époque soviétique.