Leningrad

De 1924 à 1991, Saint-Pétersbourg portait le nom de Leningrad, en hommage à Vladimir Lénine. Découvrez l'histoire soviétique tumultueuse de cette ville héroïque, marquée par le siège le plus dévastateur de la Seconde Guerre mondiale.

Russie, Nord-Ouest Mis à jour en 2026 Histoire & Culture

Les trois noms d'une ville mythique

Vue panoramique de Saint-Pétersbourg, anciennement Leningrad, sur les bords de la Neva
Saint-Pétersbourg vue depuis les rives de la Neva

De Saint-Pétersbourg à Leningrad

Fondée en 1703 par Pierre le Grand sous le nom de Sankt-Peterburg, la ville a connu trois identités successives au gré des bouleversements politiques russes. En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, la consonance germanique de son nom poussa les autorités à la rebaptiser Petrograd, un nom plus slave.

C'est en janvier 1924, à la mort de Vladimir Ilitch Lénine, que la ville reçut le nom de Leningrad (« ville de Lénine »). Elle conserva cette appellation pendant près de 67 ans, à travers les heures les plus sombres et les plus glorieuses de l'histoire soviétique. En 1991, un référendum populaire rétablit le nom originel de Saint-Pétersbourg, marquant la fin d'une époque.

Aujourd'hui encore, de nombreux Russes, notamment les plus âgés, utilisent parfois le nom de Leningrad pour désigner la ville, et la région administrative (oblast) conserve officiellement le nom d'Oblast de Leningrad (Ленинградская область).

Le siège de Leningrad (1941-1944)

Forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg, symbole de la résistance de Leningrad
La forteresse Pierre-et-Paul, monument emblématique

872 jours de résistance héroïque

Le siège de Leningrad (блокада Ленинграда, blokada Leningrada) demeure l'un des épisodes les plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale. Du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, les forces allemandes et finlandaises encerclèrent la ville, coupant presque totalement son approvisionnement.

Pendant 872 jours, les habitants survécurent dans des conditions effroyables. Les rations alimentaires descendirent à 125 grammes de pain par jour pour les civils. Le froid, la famine et les bombardements causèrent la mort d'environ 1 million de personnes, principalement des civils. La « Route de la Vie » (Дорога жизни), tracée sur le lac Ladoga gelé, constitua le seul lien vital avec le reste du pays.

La résistance héroïque des Leningradois est commémorée chaque année le 27 janvier, date de la levée complète du blocus. En 1945, Leningrad reçut le titre de « Ville héroïque », l'une des plus hautes distinctions soviétiques.

Les dates clés de Leningrad

1703

Fondation de Saint-Pétersbourg par Pierre le Grand sur les rives de la Neva.

1914

Rebaptisée Petrograd au début de la Première Guerre mondiale (consonance trop germanique).

1924

Devient Leningrad après la mort de Lénine. Début de 67 ans sous ce nom.

1941-1944

Siège de Leningrad : 872 jours de blocus par les forces nazies. Environ 1 million de victimes civiles.

1945

Leningrad reçoit le titre de « Ville héroïque » pour sa résistance exemplaire.

1991

Référendum populaire : la ville retrouve son nom originel de Saint-Pétersbourg (54 % des voix).

Leningrad, berceau de la culture russe

La ville des écrivains et des artistes

Capitale culturelle de la Russie, la ville qui fut par le passé appelée Petrograd puis Leningrad durant la période soviétique a vu naître, passer, vivre et mourir de nombreux artistes, dont beaucoup d'écrivains et de poètes.

Parmi les écrivains russes majeurs liés à cette ville, citons Gogol, dont les romans « La Perspective Nevski » et les « Nouvelles de Saint-Pétersbourg » dépeignent une cité à l'ambiance à la fois lourde, fantastique et paranoïaque. Dostoïevski y situa « Crime et Châtiment » et « L'Idiot », tandis que Pouchkine célébra la ville dans « Le Cavalier de bronze ».

La ville attira aussi des écrivains étrangers fascinés par sa beauté : Denis Diderot y séjourna à l'invitation de Catherine II, Joseph de Maistre y vécut quinze ans comme ambassadeur, et Blaise Cendrars en fit l'un de ses thèmes poétiques favoris, notamment dans « La Prose du Transsibérien ».

  • Gogol — « La Perspective Nevski », « Nouvelles de Saint-Pétersbourg »
  • Dostoïevski — « Crime et Châtiment », « L'Idiot », « Les Nuits blanches »
  • Pouchkine — « Le Cavalier de bronze », « Eugène Onéguine »
  • Anna Akhmatova — « Requiem », poème sur les répressions staliniennes à Leningrad
Cascades dorées du palais de Peterhof près de Saint-Pétersbourg (Leningrad), chef-d'œuvre de l'architecture russe
Les cascades de Peterhof, le « Versailles russe »

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Vocabulaire russe : Leningrad

Pour prononcer correctement les mots liés à Leningrad, consultez notre guide de phrases utiles en russe ou notre cours de russe en 90 leçons.

Ленинград
Leningrad
Leningrad (ancien nom)
Блокада
Blokada
Siège / blocus
Город-герой
Gorod-guéroï
Ville héroïque
Нева
Niéva
La Neva (fleuve)
Петроград
Piétrograd
Petrograd (nom 1914-1924)
Дорога жизни
Doroga jizni
Route de la Vie

FAQ sur Leningrad

La ville a été rebaptisée Leningrad en janvier 1924, cinq jours après la mort de Vladimir Ilitch Lénine, le fondateur de l'Union soviétique. Le nom signifie littéralement « ville de Lénine » en russe. Ce changement faisait partie de la politique soviétique de commémoration des héros révolutionnaires à travers la toponymie.

Le siège de Leningrad a duré 872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944. C'est le plus long siège de l'histoire moderne. Environ 1 million de civils y ont perdu la vie, principalement à cause de la famine et du froid. Les rations alimentaires étaient descendues à seulement 125 grammes de pain par jour pour les civils.

Le 12 juin 1991, un référendum a été organisé parmi les habitants. Avec 54 % des voix, la majorité a choisi de revenir au nom historique de Saint-Pétersbourg. Ce changement est devenu officiel le 6 septembre 1991. Toutefois, la région administrative conserve encore aujourd'hui le nom d'Oblast de Leningrad.

La Route de la Vie (Дорога жизни) était une voie de ravitaillement aménagée sur le lac Ladoga gelé durant le siège de Leningrad. En hiver, des camions traversaient la glace pour apporter nourriture, médicaments et munitions à la ville assiégée, et évacuer des civils. En été, des barges effectuaient le même trajet. Cette route a permis de sauver de nombreuses vies.

Oui, Saint-Pétersbourg compte plusieurs sites mémoriaux importants : le Musée du Siège de Leningrad, le cimetière mémorial de Piskariovskoïe (où reposent plus de 500 000 victimes du siège), le Monument aux défenseurs héroïques de Leningrad sur la place de la Victoire, et le musée de la Route de la Vie sur les rives du lac Ladoga.

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